La maison aux esprits

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D’après le classique latino-américain d’Isabel Allende

Imeldina André – « Ma grand-mère écrivit un jour dans son journal que la mémoire était fragile et que le cours d’une vie était si bref que nous n’avions pas le temps de saisir le lien qui unit les événements et qu’il nous était impossible de mesurer les conséquences de nos actes. » – La Maison Aux Esprits, production exécutive par Fernanda Urrejola et Francisca Alegría, réalisé par Francisca Alegría et Andrés Wood, Prime Video, 2026, mini-série.

Il y a quelques semaines, j’ai écouté la nouvelle adaptation du classique latino-américain La Maison aux esprits d’Isabel Allende. Le premier épisode m’a immédiatement plongé dans cet univers, marqué par le réalisme magique, où le spiritisme dicte notre destinée. Cette intrigue qui s’inspire du vécu d’Isabel Allende est le récit d’une société raconté à travers l’histoire d’une grand-mère, d’une mère et d’une fille.

Dès les premiers épisodes, on comprend que cette histoire est ancrée dans celle du Chili. Elle ne prétend pas être un documentaire, mais rapidement, je me suis retrouvée à apprécier l’entrelacement implicite de thèmes, tels que l’évolution sociale de la place des femmes, la lutte entre les différentes classes sociales et le combat entre le conservatisme et le socialisme, qui a nuancé mon opinion sur le comportement des personnages. Tout comme dans notre réalité, leurs actions peuvent être expliquées par leur place dans la société et par ce qu’ils pensent être leur destinée. 

Pour réellement comprendre les motivations de chaque personnage, et ainsi, la profondeur du récit, une connaissance du contexte socio-économique du Chili est utile. Je vous propose donc un mini-résumé de son histoire pour vous aider à voir ce qui est implicitement montré dans la série.

Pour commencer, la place des femmes dans la société progresse d’une décennie à l’autre dans la série. Les femmes gagneront de plus en plus de droits et de libertés et je vous invite à porter attention à ces changements qui sont parfois subtils. Cela étant dit, il ne faut pas oublier que Clara et sa famille resteront aisées tout au long de la série et que l’argent a facilité leur vie. 

En effet, le passé colonial du Chili a créé des disparités économiques et sociales entre les propriétaires terriens et les travailleurs. Se croyant supérieurs, les propriétaires en ont souvent profité pour donner des salaires médiocres et infliger des abus à leurs salariés et cela a mené à des contestations à travers tout le pays dans les années 60. 

Luttant pour une vie meilleure, des travailleurs et des sympathisants se sont unis pour manifester et, ultimement, après une course électorale très serrée, Salvador Allende fut élu en 1970. Celui-ci s’empressa de mettre en place des politiques socialistes et nationalistes, ce qui polarisa fortement le pays. Le problème s’intensifia lorsque des restrictions commerciales indirectes des États-Unis, combinées à une pénurie de denrées, firent leur apparition. 

En 1973, après un certain niveau d’ingérence des États-Unis, une grève des camionneurs paralysa le pays. Cela aggrava grandement la crise économique et politique, puisque la droite commença à blâmer la gauche d’avoir ruiné l’économie, et la gauche commença à blâmer la droite d’avoir paralysé le gouvernement et d’avoir collaboré avec les États-Unis, pour rendre difficile le rétablissement de la situation. 

Le pays est resté dans cette situation de crise jusqu’au coup d’État de septembre 1973, où l’armée renversa le gouvernement d’Allende et prit le contrôle du gouvernement. 

Les trois derniers épisodes de La Maison aux esprits sont le prélude de la violente dictature d’Augusto Pinochet, qui durera de 1973 à 1990.

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