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Des événements sportifs qui ont uni plus d’un peuple
Imeldina André – J’aimerais vivre dans un monde merveilleux où tout le monde s’aime et où les atrocités du passé n’ont jamais eu lieu. Un monde où les guerres et les conflits entre pays sembleraient impensables et où rêver serait notre plus grande arme. Malheureusement, ce n’est pas le cas, mais parfois, pour ne serait-ce qu’un moment, je me laisse emporter dans un univers digne des plus grands contes de fées où, malgré les frontières, on réagit tous aux mêmes moments en personne ou dans les commentaires d’une vidéo. Les six derniers mois ont été le théâtre de plusieurs de ces moments grâce à des événements sportifs qui ont uni plus d’un peuple.
Tout a commencé en février avec les Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina. Je vais être honnête, je ne connais pas les règles de la moitié des sports qui y ont été présentés et, pourtant, j’ai suivi les matchs et les performances comme si ma vie en dépendait pour encourager certains athlètes. Tout ça parce que mon algorithme m’a fait découvrir des communautés d’admirateurs dont je n’avais jamais entendu parler avant.
L’histoire s’est répétée à la mi-avril avec le premier match en série des Canadiens, puis en début mai avec celui de la Victoire de Montréal. Bien que les Canadiens n’aient pas remporté la coupe Stanley, je n’ai pas besoin de vous rappeler que leur parcours a embrasé la province pendant plusieurs semaines. La Victoire, elle, a réuni près de 20 000 personnes à Montréal le 30 mai dernier pour célébrer l’obtention de leur première coupe Walters à l’aide d’un défilé dans la métropole. Cet accomplissement rappelle que le sport féminin devrait aussi faire les manchettes et que, si vous n’avez pas eu la chance de voir le Tempo de Toronto (équipe de la WNBA) jouer à Montréal les 10 et 12 juillet derniers, je vous encourage fortement à aller voir un match des Roses de Montréal (équipe de soccer de la Super Ligue du Nord) cet été et à vous préparer pour la coupe du monde de football féminin l’été prochain.

Par la suite, c’est le Grand Prix de Montréal qui s’est déroulé du 22 au 24 mai. La course, qui a été accompagnée de multiples festivités à travers la ville, a été remportée par Kimi Antonelli de Mercedes, suivi de Lewis Hamilton de Ferrari et de Max Verstappen de Red Bull.
Les soirées ont continué de s’enchaîner bien après la fin de la course, puisque, quelques jours plus tard, c’est dans une série de cinq matchs palpitants que les Knicks de New York ont gagné leur premier championnat depuis 1973. Cinquante-trois ans d’attente pour ces fans qui n’ont jamais perdu espoir. Je vous laisse imaginer l’électricité dans l’air new-yorkais qui pouvait se sentir à travers mon écran. Dans les cinq arrondissements de la ville, des scènes presque pittoresques ont été capturées de partisans célébrant dans les bars, dans les rues, dans les métros, même Elmo a été forcé par les internautes de porter allégeance aux Knicks. Voir tous ces gens célébrer dans les rues m’a donné envie de célébrer avec eux même si j’ai à peine suivi la saison de la NBA.
Ceci fut le prélude parfait pour la compétition sportive de l’année, la coupe du monde masculine de football. Les yeux du monde entier se sont tournés vers l’Amérique du Nord pendant que des partisans de partout ont pris le continent d’assaut. En apportant leur culture avec eux pour supporter leurs équipes nationales, ceux-ci ont créé des scènes plutôt cocasses : les Écossais ont causé des ruptures de bière dans plusieurs pubs et bars, les Norvégiens ont effectué des démonstrations du « Viking Row » en pleine rue et les vidéos de touristes découvrant la culture américaine à travers des visites au Walmart ou au Costco se sont multipliées sur Internet.
Pour emprunter une expression que j’ai vu passer à plusieurs reprises sur les réseaux : une soirée pyjama internationale semble avoir été organisée sur le continent américain et celle-ci rapproche des nations à travers les moments les plus insolites.
Le match Haïti contre Maroc, qui a eu lieu le jour de la Saint-Jean, est l’un de ces affrontements qui fait sourire. Deux grandes diasporas au Québec qui se sont affrontées le jour de la fête nationale, parfois l’histoire s’écrit toute seule. Cette soirée-là, des décisions ont été prises et des compromis ont été faits, mais, malgré le fait qu’Haïti était éliminée bien avant le coup d’envoi, la soirée a été célébrée par tous les Québécois d’une manière ou d’une autre.
Tout comme les autres événements que j’ai déjà mentionnés, la coupe du monde de la FIFA a été un moteur de rapprochement entre plusieurs peuples cette année. Peu importe la nationalité, on ne peut s’empêcher de ressentir de l’émotion en regardant le parcours du Cap-Vert, qui, pour sa première apparition dans le championnat, a survécu à la phase de groupe. Il faut aussi mentionner que la Jordanie, l’Ouzbékistan et Curaçao ont fait leur première apparition; et Haïti, sa première depuis 1974.
Au moment où ces lignes seront publiées, la coupe du monde touchera à sa fin. Malgré tout, je continuerai de chercher ce monde merveilleux dans lequel le sport nous plonge continuellement. La finale est le dimanche 19 juillet. Quelle couleur porterez-vous ?
