Royal Winnipeg Ballet

Cette compagnie fondée en 1939 par Gweneth Lloyd et Betty Farrally est le plus ancien ballet en activité continue en Amérique du Nord. Elle est devenue le premier ballet à recevoir une charte royale de la reine Elizabeth II, de là son nom. Elle préserve ses deux identités, soit le répertoire classique et les chorégraphies contemporaines. Elle réussit à créer un dialogue entre ces deux univers – photo : Julieta
Carole Trempe
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Trois visages à découvrir

Carole Trempe – Le programme nous présente trois œuvres différentes.

Odyssey de Dwight Rhoden, figure majeure de la danse contemporaine. Puissance, virtuosité, performance. Cette création s’inspire du voyage d’Ulysse, mais elle est davantage une métaphore du parcours humain. Les danseurs sont des virtuoses profondément expressifs. Une technique d’une grande pureté, une danse extrêmement athlétique. De très légers retards dans la synchronisation ont quelque peu brisé l’illusion du corps collectif, ce qui n’a pas assombri l’engagement physique des interprètes et la complexité du vocabulaire chorégraphique.

Segatam de Cameron Sink, représentant d’une génération émergente de chorégraphes. La poésie et l’humanité. La lumière, la musique de Jeremy Dutcher – artiste autochtone – les interprètes, tout respire la douceur, l’humanité. Une magnifique œuvre bien soutenue qui évoque la profondeur émotionnelle qui nous bouleverse. Un message sur la résilience d’un peuple et la responsabilité collective. Le respect des traditions autochtones se ressent et traverse la salle pour nous atteindre directement au cœur. C’est vraiment très, très beau et le chorégraphe nous rappelle que la douceur n’est pas le contraire de la force, elle en est parfois la plus haute expression.

Who Cares ? de George Balanchine, un géant du ballet du XXe siècle. La vitalité, le jazz, Broadway, les rythmes syncopés, les mélodies que l’on reconnait. Les danseurs jouent avec la musique et le bonheur de danser est contagieux. D’une élégance irrésistible, les danseurs nous font sourire. C’est un véritable joyau du ballet néo-classique, pétillant et rempli d’esprit.

Trois œuvres. Trois émotions. Trois portes ouvertes sur la danse. Le Royal Winnipeg Ballet nous rappelle avec finesse que les grandes compagnies ne vivent pas de leur prestigieux passé; elles le réinventent chaque fois que le rideau se lève. Et lorsque le dernier salut déclenche autant de sourires que d’applaudissements, c’est que la magie a pleinement opéré.

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