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Nous vous en présentons deux… et bon visionnement !
Lyne Gariepy et Joanis Sylvain – Alors que pendant plusieurs décennies, les westerns étaient davantage axés sur les hommes et les cowboys, ces dernières années, il semble y avoir davantage de séries et films suivant le parcours des femmes qui ont exploré ces contrées sauvages.
Nous vous en présentons deux : La petite maison dans la prairie mouture 2026, et Les étrangers. Question de vous faire apprécier votre confort moderne! Bon visionnement.
La petite maison dans la prairie

2026- (V.f : Little House on the Prairie) Série, 2026, drame historique, États-Unis. Une saison de 8 épisodes de 42 à 57 minutes sur Netflix. Créée par: Rebecca Sonnenshine; interprètes: Crosby Fitzgerald, Alice Halsey, Skywalker Hughes, Luke Bracey, Meegwun Fairbrother, Alyssa Wapanatâhk.
Synopsis – Dans une Amérique en pleine conquête de l’Ouest, vers 1870, la famille Ingalls, composée de Carolyn, Charles et de leurs deux filles, Laura et Mary, tente de se bâtir une nouvelle vie, entre conditions de vie précaires, conflits de territoire et espoirs de pionniers. D’après la série d’ouvrages de Laura Ingalls Wilder.
Ciné-fille – 50 ans plus tard, la famille Ingalls revient à l’écran. On y suit, comme dans les livres, l’installation, sur des terres vierges et sauvages de ce qui n’était pas encore le Kansas, de Carolyn, Charles, Laura et Mary. On assiste à leur difficile traversée de la rivière, la construction ardue de leur maisonnette en rondins de bois, leur intégration avec la population de la nouvelle ville d’Independance. On est témoin de l’émancipation de Caroline, des épreuves auxquelles les femmes s’installant à l’Ouest (ou au midwest) devaient faire face à l’époque. On réalise aussi le rôle important des femmes dans la création de ces communautés. Mais, contrairement à la série télévisée des années 1970 et aux romans, on découvre aussi William Mitchell, Soleil Blanc et Aigle Sage, la famille autochtone voisine. Car cette réinterprétation des romans pour Netflix met aussi au premier plan la population Osage, qui a vu les colons s’installer sur ses terres illégalement.
Ces dernières années, l’œuvre semi-autobiographique de Laura Ingalls-Wilder (et sa précédente adaptation télé) s’est attiré les critiques de la part d’universitaires et d’autochtones, de véhiculer un point de vue colonial. Ainsi, en 2018, le prix littéraire jeunesse Wilder Medal a été renommé le Children’s Literature Legacy Award. Pourtant, pour plusieurs, ses romans, écrits il y a plus de 90 ans, font partie des monuments de la culture et de la littérature américaine et sont des témoignages précieux sur la conquête de l’Ouest. La petite maison dans la prairie 2026 se devait donc de remédier aux lacunes de l’œuvre originale. Ce qu’elle a fait en offrant une réinterprétation inclusive des romans, offrant une représentation plus juste des Osages et en nous démontrant l’implantation illégale des colons sur leurs terres avec le plus de véracité historique. Le dilemme moral de ces colons, dont font partie les Ingalls, est aussi bien démontré : les grandes compagnies leurraient les colons pour les amener sur ces terres, parfois sans qu’ils sachent qu’ils s’établissaient sur ce qui appartenait à un autre peuple. Et une fois arrivé à destination, ces derniers n’avaient souvent plus d’autre choix que de s’installer. Charles en est la représentation parfaite. Celle d’un homme qui passe des semaines à construire une maison et creuser un puits sur une terre qu’il découvre ne pas être sienne, tout en étant empathique envers ses voisins Osages. La famille de Mitchell et Soleil Blanc, voisins des Ingalls, illustre, tant qu’à elle, à la fois la résignation d’une partie des Autochtones face à la colonisation, et leur volonté de cohabiter avec les Blancs. On y voit ainsi un moment fondateur pour le peuple Osage, la signature du Drum Creek Treaty en 1870, qui a acté leur départ en Oklahomala.
La production de la série, tournée aux alentours de Winnipeg, a eue recours à plusieurs consultants autochtones, par exemple en linguistique, ainsi que des acteurs et actrices canadiens autochtones. L’autrice-productrice et créatrice Rebecca Sonnenshine, est elle-même originaire de Fort McMurray, en Alberta, et membre de la communauté Wapanatâhk. Les paysages, les décors, la vaisselle et les costumes, tout est excellent et nous fait croire à cette époque. La photographie est superbe. Les acteurs sont bons, particulièrement les interprètes de Mary et de Laura. Plusieurs caméos d’acteurs valent la peine de rester attentif.
Le scénario est parfois prévisible, et un peu (trop) empreint de bonnes intentions. Mais en cela il est fidèle aux romans originaux, tout en remédiant aux iniquités envers les peuples autochtones. Pour ceux et celles qui sont nostalgiques de la série originale, des livres, ou pour ceux qui sont curieux de cette époque. 7,5 sur 10
Ciné-gars – La nouvelle mouture de La petite maison dans la prairie est plus sérieuse et authentique dans sa représentation historique que la version originale des années 1970. Cette dernière abordait cependant les sujets de façon plus légères et avec davantage d’humour. Cette version nous offre une représentation historique plus véridique en intégrant les Osages, alors que dans la précédente, ils avaient été quasiment occultés de l’histoire. Autre point positif, la nouvelle version nous offre un point de vue plus féministe. J’ai beaucoup apprécié les 3 jeunes comédiennes incarnant Laura, Mary et Aigle Sage. 7,5 sur 10
Les étrangers

(V. F The English) Série. 2022, drame historique, Western, Grande-Bretagne et États-Unis. Une saison de 6 épisodes de 47 à 69 minutes sur Amazon Prime. Créée par: Hugo Blick; interprètes: Emily Blunt, Chaske Spencer, Ciarán Hinds.
Synopsis – États-Unis, 1890. À la recherche de l’homme qu’elle tient pour responsable de la mort de son fils, L’aristocrate anglaise Cornelia Lock part pour l’Ouest sauvage. Elle croise alors la route d’Eli Whipp, Amérindien Pawnee et ancien éclaireur de cavalerie. Ils vont chevaucher ensemble, traversant des territoires violents, construits sur des rêves… et du sang. Leur route est longue et les obstacles nombreux, comme autant de défis physiques et psychologiques à relever. Mais chaque épreuve surmontée les rapproche de leur destination : Hoxem, nouvelle ville du Wyoming. C’est là, alors que le shérif de la ville enquête sur une série de meurtres, qu’ils vont comprendre que leurs histoires sont intimement liées.
Ciné-fille – J’ai été attirée vers la série L’étranger par la présence de l’actrice Emily Blunt, que j’apprécie beaucoup. Et par la nomination de de film à un BAFTA. Mais je ne suis généralement pas une fan des Westerns, avec tous les clichées qu’ils comportent, tel le cowboy solitaire, le duel au soleil à midi, le saloon enfumé, et l’opposition manichéenne entre le bien et le mal. Or, ce film est expurgé de la plupart de ces clichés et s’est révélé être beaucoup plus complexe que je ne le pensais au départ.
Le thème de la vengeance est mis de l’avant, mais l’intrigue derrière cette vengeance est cruelle, à l’image des hommes qui l’ont causée, et surtout complexe. Et cette complexité prend plusieurs épisodes à se révéler. La spoliation des terres aux autochtones et la survie dans ce monde qu’est l’Ouest est aussi bien démontrée. D’ailleurs, être une femme dans l’Ouest, à cette époque, semble avoir été encore plus rude et ardu que ne le laissaient entendre les récits romancés, et ce, peu importe le rang social.
Les acteurs et actrices sont excellents, particulièrement Emily Blunt, dans un rôle nuancé, tout comme Chaske Spencer. La chimie entre les deux fonctionne. Les costumes sont parfaits. Les paysages naturels et arides sont magnifiques et la photographie est superbe, créant des images poétiques. Le rythme de la série est parfois lent, voire contemplatif, et les informations arrivent au compte-goutte. Mais le dernier épisode vient tout lier et attacher les ficelles des intrigues, et rachète toutes les longueurs de la série. Le visionnement de L’étranger en entier est justifié par cet épisode. Avis aux cœurs sensibles, la violence y est bien présente. 8 sur 10
Ciné-gars – La bande-annonce du film nous laisse présager de l’action, or, cette dernière est présente mais de manière parsemée. Le rythme est lent, avec beaucoup de dialogues, appuyés par la musique, tout au long des épisodes. Dans une scène en particulier, tirant davantage sur la romance, cela m’a agacé. Mais à d’autres moments, la musique a donné un enrobage parfait à certaines scènes. L’ordre des épisodes m’a parfois moins plus, mais tout est axé vers le sixième et dernier épisode, que je peux qualifier d’excellent.
Le duo d’interprètes est excellent, et la distribution est bien choisie. Avec des costumes et des décors qui nous font ressentir le temps du Far West. J’ai bien aimé le générique, avec son esthétique qui est un clin d’œil aux westerns spaghetti. 8 sur 10
