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Les municipalités à l’épreuve
Jade Belleville – À travers la province, les Municipalités doivent s’adapter au problème grandissant du manque d’eau. De nombreux changements doivent être faits pour s’y préparer, sauront-elles répondre à l’appel ?
Au Québec, l’eau est une de nos plus grandes ressources. 10 % de notre territoire est recouvert d’eau douce, ce qui représente 3 % des réserves au monde. C’est un énorme privilège, mais il ne doit pas être tenu pour acquis, puisque nos réserves s’assèchent rapidement, et les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs régions. Vers la fin du 21e siècle, les experts estiment que plus de 40 % de la superficie des terres mondiales seront sèche presque toute l’année et le Québec n’en fait pas exception.
Approvisionnement compromis
Selon les dernières statistiques, 65 % des municipalités québécoises s’approvisionnent en eau grâce aux nappes phréatiques. Cependant, en raison des sécheresses récurrentes, ces ressources hydriques deviennent de plus en plus rares, obligeant les autorités à creuser toujours plus profondément pour y accéder. Le ministère de l’Environnement estime que près de 25 % de la population québécoise dépend exclusivement des eaux souterraines pour satisfaire ses besoins en eau. En moyenne, un Québécois consomme environ 245 litres d’eau par jour. Il s’agit de 25 litres de plus que la moyenne canadienne et 115 litres de plus que la moyenne en France.
Nous utilisons plus d’eau que ce que nos sols sont capables de fournir actuellement. Ce manque d’eau fait en sorte que les sources seront plus contaminées. Les avis d’ébullition seront de plus en plus fréquents et certains commerces pourraient devoir fermer temporairement jusqu’à ce que la qualité de l’eau s’améliore.
Par ailleurs, les puits qui alimentent certains ménages seront à sec, ce qui rendra l’eau de mauvaise qualité. Ces citoyens devront se tourner vers l’approvisionnement municipal. Celui-ci fera face à encore plus de pression, alors qu’il fonctionne déjà à capacité maximale.
Le manque d’eau entraîne également une baisse de pression, ce qui pourrait devenir un problème dans les grands bâtiments, qui doivent acheminer l’eau jusqu’aux étages supérieurs, par exemple les hôpitaux, qui pourraient avoir de la difficulté à utiliser l’eau de manière adéquate. Dans les cas extrêmes, il est reporté que ce problème pourrait mener à des décès prématurés.
Rôle des municipalités
Le manque d’eau et les sécheresses sont des obstacles qui touchent l’ensemble de notre société. La possibilité d’utiliser des compteurs d’eau et de rendre l’utilisation payante est abordée par plusieurs experts comme étant une manière de sensibiliser davantage les citoyens et les encourager à moins consommer. Cependant, dès que ces mesures sont évoquées, la réaction populaire est souvent très négative.

Le manque d’eau est un problème auquel nous n’échapperons pas. Il y a toutefois des mesures préventives qui doivent être mises en place le plus tôt possible, mais celles-ci risquent de coûter très cher. On parle ici de milliards de dollars. Il est crucial de réduire notre consommation d’eau, mais aussi d’améliorer nos infrastructures municipales. Le réseau d’approvisionnement est vieillissant dans de nombreuses régions. Plusieurs conduites brisées ou défaillantes laissent s’échapper une quantité d’eau énorme. Il est donc primordial d’investir dès maintenant pour minimiser les pertes inutiles avant qu’il ne soit trop tard. Le problème est que, d’un point de vue électoraliste, utiliser des millions de dollars pour changer les réseaux d’aqueducs n’est pas une solution très alléchante.
Des solutions plutôt simples peuvent aussi être utilisées pour aider l’acheminement de l’eau dans nos sols, telles que les parcs éponges et les stationnements éponges. Au lieu que l’eau s’écoule en surface sur l’asphalte, des zones vertes sont aménagées pour la recueillir.
Il est donc crucial que le gouvernement du Québec et les municipalités mettent en place des plans d’urgence établis à l’avance pour être prêts à répondre aux catastrophes et trouver des alternatives d’approvisionnement. — Voyez l’article : Les coûts cachés de la sécheresse.
