Adam Scott

Lyne Gariépy
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Le côté sombre de l’acteur

Lyne Gariépy Et Joanis Sylvain – Adam Scott est un acteur polyvalent, alternant aisément entre les films indépendants et les films de genre. Il peut autant interpréter le bon gars, comme dans Petits secrets, grands mensonges (Big Little Lies), de Jean-Marc Vallée, ou un démon dans la série Une chipie au paradis (The Good Place).

Mais ce sont surtout dans des rôles comiques avec un côté pince-sans-rire et maladroit, qu’Adam Scott a été découvert du grand public, avec Parcs et Loisirs (Parks and Recreations) et Party Down, ou encore dans le style d’humour malaisant, avec des films comme Amis et parents (Friends with Kids). Mais il excelle aussi dans les personnages sombres et torturés, parfaits pour les drames psychologiques et les thrillers, à visionner sous la couette en ce mois d’octobre.

L’acteur a d’ailleurs confié, en entrevue à Deadline Hollywood, avoir volontairement cherché à obtenir davantage de rôles sombres, après quelques séries comiques, et avoir dû se battre pour prouver qu’il pouvait jouer autre chose que des personnages sympathiques, et qu’il prenait maintenant un plaisir particulier à explorer la noirceur et les facettes plus désagréables de la nature humaine.

Pour octobre, nous vous suggérons deux films récents mettant en vedette Adam Scott, qui explorent le côté sombre de l’humain : Hokum, un film de peur, et L’homme aux murmures, un thriller. Bons frissons !

Hokum

Film 2026, suspense, épouvante-horreur, Irlande, États-Unis, 1 h 48, sur Amazon Prime; réalisation : Damian McCarthy; interprètes : Adam Scott, David Wilmot, Austin Amelio.

Synopsis – Ohm Bauman, un romancier, se retire dans une auberge en Irlande pour disperser les cendres de ses parents. Mais après une disparition, les récits du personnel au sujet d’une sorcière ancestrale hantant la suite nuptiale s’emparent peu à peu de son esprit…

Ciné-fille – Quand Adam Scott parle d’interpréter autre chose que des personnages sympathiques et explorer des personnages plus sombres, Hokum semble être la réponse à son souhait : son Ohm Baumanun, romancier américain ayant de sombres secrets, est cynique, misanthrope et profondément désagréable. Le spectateur peine à l’apprécier. Et c’est ce qui fait en partie l’intérêt du film, car son évolution psychologique est intéressante, et Adam Scott nous donne l’impression de l’incarner sans effort, nous offrant une interprétation solide pour ce choix audacieux.

Le réalisateur de 45 ans, Damian McCarthy, originaire de Cork (Irlande), place l’Irlande au cœur de ses films. Alors que Caveat se déroulait sur une ile isolée, Oddity prenait place dans une vieille maison dans un village reculé. L’auberge Bilberry Woods Hotel, sise dans une Irlande éloignée de la civilisation, n’échappe pas à ses habitudes, et est un personnage à part entière du film Hokum. Le cinéaste est excellent pour créer des atmosphères sombres, mais surtout, des endroits sinistres, dans lesquels évoluent des créatures terrifiantes, des spectres apeurants, ainsi que les délaissés de la société, les torturés et les excentriques (parfois, les trois à la fois dans le même personnage !). Pour l’auberge, l’architecture apporte son côté mystérieux, alors que les détails, les sons, les éclairages et surtout la décoration, contribuent tous à la réussite du sentiment d’oppression voulue, sans tomber excessivement dans le gore ou le glauque extrême. Seul bémol à ce sujet, la suite nuptiale semble totalement créée en studio, alors que tous les autres décors sont réels et nous transportent en Irlande.

Le cinéaste réussit, malgré un personnage principal Américain, à intégrer les fables d’Irlande ainsi que son folklore, enraciné dans les légendes locales des conteurs gaéliques. Sa structure narrative est bien développée, surtout pour un film de peur. Son humour noir vient, quant à lui, désamorcer certaines scènes plus tendues. Même s’il ne réinvente pas le style, il en maîtrise parfaitement les codes (tout comme Adam Scott maîtrise parfaitement son jeu d’acteur), et apporte à Hokum une bonne dose d’Irlande, nous offrant ainsi un film d’horreur folklorique juste assez grinçant. 7,5 sur 10

Ciné-gars – Hokum présente des personnages inhabituels, différents de ce que l’on est habitué au cinéma, dont l’auteur désagréable, le groom timide, le fugitif illuminé, le gérant qui est une brute intelligente, et le réceptionniste, qui semble le plus « normal », bref, une brochette de personnages intéressants, hors de l’ordinaire.

Le film se déroule sur fond d’ambiance d’esprit et d’épouvante, par contre, j’ai moins apprécié le côté maléfique. 7 sur 10

L’homme aux murmures

(v.f. The whisper man) Film 2026, thriller, suspense, enquête, États-Unis, 1 h 56, sur Netflix; réalisation : James Ashcroft; interprètes : Adam Scott, Robert De Niro, Michelle Monaghan.

Synopsis – Un auteur de romans policiers, veuf, dont le fils de 8 ans est enlevé, se tourne vers son père, avec qui il n’a plus de contact, un ancien détective de police à la retraite, pour obtenir de l’aide, et découvre un lien avec une ancienne affaire surnommée L’homme aux murmures.

Ciné-Fille – Dès le début du visionnement de L’homme aux murmures, une impression de familiarité était présente. Pour cause : ce polar sombre et atmosphérique rappelle les suspenses des années 1990, dans la lignée des films comme Le silence des agneaux ou Seven, de David Fincher.

Le sujet (l’enlèvement d’un enfant), le lieu (la Nouvelle-Angleterre), les décors (des maisons bourgeoises ayant perdu de leur lustre), l’utilisation d’une palette de couleurs désaturées, l’omniprésence de l’obscurité et une musique étouffante nous rappellent ces thrillers efficaces et troublants des années 1990-2000, à l’ambiance automnale, et à l’esthétique froide et sombre (même si ce film se déroule au printemps).

Non seulement le film nous rappelle avec brio cette époque foisonnante pour le cinéma, mais il réussit aussi à nous surprendre. Car l’intrigue est bien pensée et bien ficelée. Il n’y a pas de temps creux et l’enquête se déroule à un bon rythme.

Une distribution cinq-étoiles attire l’attention : la présence de Robert De Niro, Adam Scott, Michelle Monaghan et Michael Keaton porte le film. Tous les acteurs et actrices sont bons, particulièrement Adam Scott, dans le rôle du père éploré. Son jeu est nuancé et juste. Son personnage est un homme bon, et c’est la noirceur dans sa vie qui font de L’homme aux murmures un film sombre, nous permettant de découvrir la palette de jeu d’Adam Scott.

Même si le film a une construction plutôt conventionnelle, il nous permet de passer un bon moment, et surtout de nous rappeler avec nostalgie des polars des années 1990. Et peut-être d’en revisionner quelques-uns, qui sait ? 8,5 sur 10

Ciné-gars – Bon petit thriller, bien dosé. Adam Scott, qui joue le père de l’enfant qui se fait enlever, nous livre une excellente interprétation. Ce qui m’a surpris, dans cette enquête, c’est que tous les personnages ajoutent à l’investigation. Le grand-père, enquêteur à la retraite, aide bien sûr, mais aussi son fils, auteur, qui trouve de bonnes pistes, contrairement aux parents dans les films habituellement, et l’enquêtrice qui elle est dans l’efficacité. Sans parler des méchants, dont Michael Keaton qui interprète bien un personnage haïssable.

L’homme aux murmures est un film qui m’a surpris, par son histoire, son enquête, et aussi ses revirements au scénario, qui font que je l’ai réellement apprécié. Une légère touche de fantastique ajoute un petit je ne sais quoi de plus. 8,5 sur 10

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