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De la mairie de Morin-Heights au Parlement
Jade Belleville – Nouveau député des Pays-d’en-Haut après un quart de siècle à la mairie de Morin-Heights, Tim Watchorn n’a pas perdu de vue les réalités du terrain. Itinérance, abordabilité, infrastructures : il fait le pont entre son expérience municipale et son nouveau rôle à Ottawa.
La politique, une affaire de famille
Depuis sa jeunesse, Tim Watchorn baigne dans la politique municipale. C’est son grand-père, ancien maire de Morin-Heights, qui lui donne la piqûre lorsque les dimanches, ils se rassemblaient en famille et parlaient de politique. Après avoir rêvé de devenir instructeur de ski, il comprend vite que ce n’est pas une option viable, mais plutôt une passion et se tourne alors vers le génie civil, amorçant sa carrière d’ingénieur tout en siégeant comme conseiller municipal. Sa carrière politique commence lorsqu’il se présente contre le maire Michel Plante. Les deux hommes décident ensuite de se rallier ensemble pour faire de Morin-Heights une ville encore plus accueillante. C’est après le décès du maire Plante en 2009 que Tim est nommé maire. Il remporte ensuite les quatre élections auxquelles il se présente. « Mon but dans la politique […] municipale, c’est de m’assurer que mes enfants voudraient rester dans la communauté que je vais bâtir ». En se présentant comme maire, il voulait s’assurer que sa ville reste axée sur le plein air, la préservation des terres, mais surtout sur leur identité qui fait de Morin-Heights une ville unique.
Du municipal au fédéral
Après 25 ans en politique municipale, il sentait qu’il était temps d’apporter des changements, mais c’est aussi l’arrivée de Donald Trump au pouvoir qui l’a poussé à se tourner vers le niveau fédéral.
Ça faisait déjà quelque temps que le Parti libéral l’approchait pour qu’il se présente comme candidat, et c’est finalement l’approche politique et les valeurs de Mark Carney qui l’ont convaincu de se joindre officiellement au parti. Puisque la circonscription des Pays-d’en-Haut est toute nouvelle, Tim Watchorn et son équipe ont dû travailler très fort « On n’avait rien ici, c’est une nouvelle circonscription. Je n’avais pas d’association, pas d’argent, pratiquement rien, on a donc monté tout ça de zéro à l’intérieur de deux mois et demi, puis on a réussi à faire une campagne. C’était toute une aventure. Tous les bénévoles qui ont travaillé avec moi ont fait 30 000 appels durant les 5 à 6 semaines avant l’élection. On a travaillé fort ».
En tant que député, il a eu la chance de faire partie du comité de la Défense nationale. Il se trouve particulièrement chanceux de pouvoir rencontrer des délégations de partout à travers le monde dans un contexte mondial plus difficile. « Tout le monde trouve que le Canada est bon, qu’il se positionne bien, qu’il est un bon allié, un partenaire de confiance. C’est tout […] à l’opposé des États-Unis, qui, eux, sont positionnés carrément ailleurs. Et moi, je me dis que je suis chanceux d’être là à ce moment-là dans l’histoire pour pouvoir participer à ça ». Il a ensuite été élu à l’Association parlementaire canadienne de l’OTAN et se joindra donc aux réunions interparlementaires. « C’est vraiment vivre un autre mode de vie complet, de découvrir et apprendre tous les jours. Tous les jours, j’apprends des affaires sur la politique internationale. C’est très intéressant ». Récemment, il fait aussi partie du comité de l’environnement, un rôle qui lui tient particulièrement à cœur, car il s’agit d’un enjeu très important pour sa circonscription.
Ses connaissances municipales au profit de tous
À travers son rôle de maire, il a acquis des connaissances hors pair lui permettant d’épauler ses collègues sur toutes les questions liées aux infrastructures. Lui et l’ex-maire de Bromont, Louis Villeneuve, ont aidé Caroline Desrocher, secrétaire parlementaire à l’Infrastructure, à trouver des moyens de soutenir financièrement les municipalités et de surmonter les obstacles au niveau provincial pour permettre aux projets municipaux de se concrétiser rapidement.
Abordabilité, une préoccupation pour les Pays-d’en-Haut
Selon lui, et comme dans de nombreuses villes du Québec, l’abordabilité est la préoccupation majeure dans la circonscription des Pays-d’en-Haut. L’itinérance est devenue une réalité omniprésente sur le territoire, et la nouvelle halte-chaleur de Sainte-Adèle connaît une affluence croissante. Cette tendance accrue de la demande de services, de financement et de main-d’œuvre souligne l’importance de soutenir les familles et les personnes à revenu modeste.
Conseil pour ceux qui souhaitent se lancer en politique
« Fonce, n’aie pas peur. La politique, c’est stimulant, c’est quand même difficile. Il faut une carapace, parce que tu vas avoir de la critique. […]. Des fois tu vas prendre des décisions qui vont être difficiles, mais si les gens ne s’impliquent pas en politique et font juste chialer, la société n’avancera pas. Ça prend des gens qui s’impliquent, qui ont des idées, qui veulent défendre leurs idées, ça prend des gens qui sont capables de parler à un public. C’est important l’implication politique parce que ça décide comment notre société va être. [..] Que ça soit au provincial, au municipal, au fédéral […], c’est défendre les intérêts des gens qui nous ont élus. Puis ça, c’est important parce que tu portes leur voix […] ».
