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Un danger pour la population humaine
Louis Gabriel Latulippe* – Chaque semaine, les Occidentaux ingèrent inconsciemment jusqu’à cinq grammes de plastique, soit l’équivalent d’une carte de crédit.
Ces données sont inquiétantes, car les plastiques sont partout, inondant notre quotidien. Au cours des dernières décennies, on a réalisé que les plastiques envahissent les océans, contaminent les eaux de pluie, les rivières et les lacs. Ils polluent les sols de manière insidieuse via les pesticides qui en contiennent, via l’eau de pluie qui les irrigue, et par l’entremise des pollutions diverses (des pneus des tracteurs aux boues septiques que l’on répand dans les champs). Il y en a de plus en plus dans l’air que l’on respire, car les nano particules de plastique des océans sont aspirées par les nuages qui les diffusent partout sur la planète, même en Antarctique.
Pourtant, l’ONU a déclaré les plastiques produits toxiques en 2017 et a invité tous les pays à agir afin de réduire la production, les utilisations et les exportations entre pays. En 2021, le Canada a promulgué une Loi déclarant les plastiques produits toxiques. Dans la foulée, le gouvernement a pris des mesures timides comme bannir les ustensiles et les sacs d’épicerie en plastique. C’est peu, d’autant que l’application de ces interdictions a débuté en 2025, soit quatre ans après l’adoption de la loi.
La COP 30 tenue au Brésil en novembre 2025 avait pour ambition d’imposer des mesures musclées visant la production et le recyclage des plastiques. Mais c’était sans compter sur certains pays pour qui les plastiques sont une source importante de revenus avec en tête les États-Unis, la Russie et l’Arabie Saoudite. Ce dernier pays prévoit augmenter sa production de 76 % d’ici cinq ans et il a investi 100 milliards de dollars pour atteindre cet objectif. À titre d’exemple, la production mondiale de plastique a augmenté de façon telle qu’il s’est produit autant de plastique depuis 2007 à nos jours qu’entre 1940 et 2007. En 2025, il s’est produit 400 millions de tonnes de plastique dans le monde. Il faut savoir que 99 % des plastiques sont fabriqués à partir de pétrole et, comme l’électrification des véhicules va réduire la consommation d’essence et de diésel, les compagnies pétrolières voient dans le plastique une belle façon de maintenir leurs marges de profits élevées.
Toutefois, des études de plus en plus nombreuses révèlent la présence de plastique dans notre corps. En effet, on a documenté en 2023 un cas d’infarctus du myocarde dû à une accumulation de plastique dans les artères. Depuis, on a constaté la présence de plastique, notamment dans les ovaires, le sperme, les testicules et le cerveau. Donc partout. L’épidémie de cancer chez les gens de 20 à 50 ans met de plus en plus en cause le rôle de ces plastiques.
Face à l’omniprésence des plastiques dans l’environnement, comment pouvons-nous éviter ou réduire notre consommation de ce produit toxique ? La première source de plastique demeure l’eau que l’on consomme, mais les poissons, les bières, l’eau en bouteille, et les fruits et légumes en contiennent aussi. Les légumes les plus contaminés sont les carottes et les céleris. Pour les fruits les pommes sont en tête.
Conférence à venir

Face à ces constats alarmants, comment se débarrasser de cette contamination ? Comment en réduire les effets négatifs ?
Le sujet vous intéresse ? La société d’horticulture et d’écologie de Prévost vous invite à une conférence sur le sujet le 28 octobre prochain. Le docteur Louis Gabriel Latulippe, médecin/épidémiologiste et président de la société d’horticulture et d’écologie de Montmagny, brossera le portrait de la situation à travers le prisme des jardins. On vous attend en grand nombre.
- Médecin-clinicien et chercheur en épidémiologie clinique appliquée, le Dr Louis Gabriel Latulippe a consacré sa carrière à l’étude des déterminants de la santé humaine et environnementale. Spécialisé en épidémiologie du cancer, il s’est également intéressé aux liens entre l’écotoxicologie et la santé publique. Conférencier expert et auteur de nombreux articles scientifiques, il est aujourd’hui retraité et poursuit son engagement envers la vulgarisation scientifique et la sensibilisation aux impacts environnementaux sur la santé.
