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NDLR Dans la foulée des élections provinciales, le Journal a questionné les candidats des principaux partis afin de connaître les solutions qu’ils souhaitent avancer au regard de certaines problématiques régionales. Seules les deux candidates de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et du Parti Québécois (PQ) ont répondu à nos questions. Leurs réponses sont détaillées ci-bas. Nous regrettons de ne pouvoir publier des réponses du candidat libéral, de la candidate conservatrice et de la candidate solidaire, respectivement Paul Landry, Joyce Sauriol et Alix Gravel.

Les cinq questions

1. Croissance démographique et services publics

La croissance des Laurentides exerce une pression considérable sur les écoles, les services de garde, les infrastructures et les services à la population. Quels engagements précis défendrez-vous afin que les investissements du gouvernement suivent réellement cette croissance ? Quels sont les services (enjeux) prioritaires pour répondre aux besoins de la population actuelle et répondre à la croissance démographique?

2. Santé : comment rattraper le retard ?

L’accès aux soins demeure une préoccupation majeure dans les Laurentides : première ligne, urgences, services spécialisés, soutien à domicile et vieillissement de la population. Quel diagnostic posez-vous sur les causes des difficultés d’accès aux soins dans les Laurentides et quelles mesures précises comptez-vous défendre pour améliorer l’accès aux soins dans les Laurentides et plus particulièrement pour les citoyens de Prévost?

3. Habitation et aménagement du territoire

La croissance augmente les besoins en logements, mais également la pression sur les milieux naturels, l’eau et les infrastructures municipales. Comment favoriser la création de logements accessibles et diversifiés tout en préservant le caractère de nos collectivités ? Quel rôle le gouvernement du Québec devrait-il jouer pour aider les municipalités à atteindre cet équilibre ?

4. Mobilité : quelle vision pour notre quatrième couronne ?

L’autoroute 15 et la route 117 demeurent les principaux axes d’une population toujours plus nombreuse, tandis que l’offre de transport collectif demeure limitée. Quelle vision de la mobilité proposez-vous pour notre territoire au cours des dix prochaines années ? Quels projets précis vous engagez-vous à défendre ?

5. Environnement, infrastructures et moyens des municipalités

La protection des lacs, des cours d’eau et des milieux naturels, l’adaptation aux changements climatiques et le renouvellement des infrastructures imposent des responsabilités croissantes aux Municipalités, qui demeurent largement tributaires de l’impôt foncier. Le modèle actuel est-il encore adapté à notre région ? Quelles mesures provinciales défendrez-vous afin de donner aux municipalités les moyens de protéger leur territoire et de répondre à la croissance sans faire porter l’essentiel de la facture sur les propriétaires ?

Sonia Bélanger de la Coalition Avenir Québec

Sonia Bélanger – Coalition Avenir Québec

Croissance démographique et services publics

Les Laurentides sont actuellement en pleine croissance et nos infrastructures doivent suivre cette augmentation démographique

Depuis quatre ans, je suis constamment sur le terrain dans Prévost. Les cafés citoyens ainsi que les rencontres avec les organismes, les entrepreneurs et les associations me permettent de garder un contact direct avec la population et de bien comprendre ses priorités.

Depuis notre arrivée au pouvoir, on peut compter sur 14 nouvelles écoles primaires et secondaires et plus de 4 500 places ajoutées en services de garde. À Prévost, une nouvelle école secondaire de 1 218 places est en construction, un investissement de plus de 226 M$. À cela s’ajoutent 52 M$ pour l’école primaire de la Montagne, à Saint-Sauveur, et 45 M$ pour une nouvelle école à Sainte-Sophie.

Nous avons aussi soutenu la création de près de 400 places en CPE dans la circonscription, dont environ 80 à Prévost. Pour les jeunes familles, ce sont des services essentiels qui doivent progresser au même rythme que la population.

Je souhaite poursuivre le travail pour que les familles de Prévost continuent d’avoir accès aux services qui correspondent à leurs besoins en constante évolution. 

Santé : comment rattraper le retard ?

Comme ministre de la Santé et ministre des Aînés et des Proches aidants, je mesure quotidiennement les défis en santé.

À Saint-Jérôme, près de 550 M$ sont actuellement investis à notre hôpital régional. La première étape de l’agrandissement et sa modernisation est en phase de réalisation dans le cadre du Plan québécois des infrastructures. C’est majeur comme avancée et je suis particulièrement fière du travail de mobilisation des différents acteurs de notre communauté dans ce dossier prioritaire. Chez nous, à Prévost, nous avons accueilli une Maison des aînés et la clinique médicale GMF Mère et Monde. Mon équipe et moi avons fait avancer des projets importants pour notre communauté et ce n’est que le début.

Pour ce qui est du réseau, notre priorité est d’accélérer l’accès aux soins et offrir des services plus près des gens. Notre équipe propose d’investir 1 G$ additionnel sur quatre ans en soutien à domicile, de renforcer la première ligne et de mieux coordonner les listes d’attente. Nous voulons offrir plus rapidement une solution aux patients qui attendent une chirurgie et réaliser 100 000 examens d’imagerie supplémentaires chaque année.

Habitation et aménagement du territoire

Après des années de désinvestissement des gouvernements précédents, nous avons entrepris un rattrapage nécessaire. En mars dernier, plus de 1 000 logements sociaux et abordables étaient construits ou en développement dans la région. Pour construire plus et plus rapidement, nous proposons entre autres de raccourcir les délais d’autorisation, d’éliminer les dédoublements entre les différents paliers.

Notre réponse en habitation accompagne également les Québécois aux différentes étapes de leur vie : aider les jeunes à acheter une première propriété, permettre aux familles d’adapter leur maison pour accueillir un proche vieillissant et offrir davantage de logements abordables aux aînés. Concrètement, nous proposons un crédit pouvant atteindre 7 000 $ pour les premiers acheteurs, une aide allant jusqu’à 7 500 $ pour les maisons intergénérationnelles et 2 000 logements abordables supplémentaires pour les aînés. C’est une approche complète, pour construire plus rapidement et offrir à chacun une solution adaptée à sa réalité.

Mobilité : quelle vision pour notre quatrième couronne ?

La mobilité est devenue un enjeu incontournable dans les Laurentides. Pendant trop longtemps, notre région a subi les conséquences d’un sous-investissement dans ses infrastructures de transport. Depuis 2018, nous avons amorcé un rattrapage nécessaire.

Pour la période 2026-2028, 491 M$ sont programmés pour les routes et les ponts de la région. À Prévost, des interventions ont également été réalisées sur la route 117 pour sécuriser les déplacements, notamment aux traverses scolaires.

La prochaine étape consiste à maintenir des investissements soutenus et à faire avancer les projets structurants attendus dans la région. Sur l’autoroute 50, notre vision demeure son doublement afin de rendre cet axe essentiel plus sécuritaire et plus fluide.

Plus largement, nos infrastructures de mobilité doivent évoluer au même rythme que les Laurentides. Les citoyens doivent pouvoir se déplacer efficacement et en sécurité, tandis que nos entreprises ont besoin d’un réseau fiable pour soutenir leur développement.

Environnement, infrastructures et moyens des municipalités

Pour accueillir de nouvelles familles et construire davantage de logements, les Villes doivent notamment pouvoir moderniser leurs réseaux d’aqueduc et d’égout. Notre gouvernement a ajouté 1 G$ au Programme d’infrastructures municipales d’eau, portant son enveloppe à 3,4 G$. Près de 1 G$ supplémentaire est consacré aux infrastructures d’eau nécessaires à la construction résidentielle. Cet appui permet aux municipalités de répondre à la croissance sans compromettre la qualité de leurs services.

Dans Prévost, nous avons également investi 25,76 M$ pour permettre à Waste Management de réaliser le projet du Centre de valorisation des matières organiques de Sainte-Sophie. Une aide de 1 M$ a aussi été accordée pour l’installation de 12 bornes de recharge pour véhicules électriques.

Nous voulons également protéger ce qui distingue les Laurentides. Notre équipe propose d’investir 200 M$ pour consolider et agrandir le réseau de la SÉPAQ, tout en améliorant l’accès public aux berges et aux plans d’eau. Ici, la nature n’est pas seulement un décor : elle fait partie de notre identité, de notre économie et de notre qualité de vie.

Anne Nguyen du Parti Québecois

Anne Nguyen – Parti Québécois

Croissance démographique et services publics

Ici comme ailleurs au Québec, la croissance démographique frappe plus vite que les infrastructures. Ce qui distingue notre approche, c’est d’avoir vu venir ce problème avant les autres : dès 2022, le Parti Québécois proposait de faire des CLSC la véritable porte d’entrée du réseau de santé. Trois ans plus tard, cette vision a fini par être reprise ailleurs – une reconnaissance, même tardive, que ce diagnostic était juste. Je veux appliquer cette même longueur d’avance aux services qui touchent Prévost : plutôt que d’attendre que les écoles et les services de garde débordent pour réagir, je porterai à l’Assemblée nationale une demande claire de révision des critères d’allocation budgétaire, fondée sur la croissance réelle de municipalités comme Prévost, Sainte-Sophie et Piedmont plutôt que sur des moyennes provinciales dépassées. Anticiper plutôt que rattraper : c’est l’approche que je veux porter pour notre région, avec la rigueur et la transparence qui guident tout mon travail, en politique comme ailleurs.

Santé : comment rattraper le retard ?

En santé, notre valeur distinctive est claire : renforcer le réseau public plutôt que d’en confier une part croissante au privé. Le Parti Québécois propose d’abolir la structure bureaucratique de Santé Québec pour réinjecter 40 à 100 millions par année directement dans les CLSC et la réduction des listes d’attente en chirurgie. Je crois que c’est la bonne direction pour les Laurentides, où le problème n’est pas un manque de structures administratives, mais un manque de professionnels accessibles près de chez soi. Pour les aînés de Prévost, j’appuie aussi sans réserve le projet de loi de la députée Marie-Karlynn Laflamme, qui garantirait un droit réel au maintien à domicile plutôt qu’un vague objectif gouvernemental. Là où d’autres misent d’abord sur des solutions technologiques ou sur l’accès accru au privé, je veux m’assurer que Prévost obtienne ce qui manque de manière plus criante : des soins de première ligne humains, accessibles physiquement, et un vrai soutien pour vieillir chez soi.

Habitation et aménagement du territoire

Sur le logement, notre approche se distingue par une priorité aux locataires et aux personnes vulnérables, pas seulement aux promoteurs. Là où d’autres misent d’abord sur des incitatifs fiscaux à la construction pour stimuler l’offre, le Parti Québécois propose un registre public des loyers, un encadrement plus strict des locations de type Airbnb dans les zones en crise, et une protection élargie contre les évictions pour les aînés à faible revenu – sans pour autant négliger l’accession à la propriété, avec un taux d’intérêt réduit pour les premiers acheteurs. À Prévost, où la pression immobilière touche autant les jeunes familles que les aînés enracinés dans leur milieu, je crois que cette double approche – protéger et bâtir – est plus juste qu’une stratégie qui table uniquement sur la construction pour faire baisser les prix. Mon engagement local : m’assurer que la protection contre les évictions et l’encadrement des locations de courte durée soient mis en œuvre concrètement ici, en concertation avec nos municipalités, et non seulement promis dans un communiqué.

Mobilité : quelle vision pour notre quatrième couronne ?

Sur la mobilité, je refuse le choix binaire entre tout-à-l’auto et transport collectif urbain déconnecté des régions. Le Plan environnement du Parti Québécois propose une « passe mobilité » à 95 $ par mois donnant accès à l’ensemble des réseaux de transport collectif du Québec, combinée à une hausse continue des investissements en transport actif – une approche pensée pour des territoires comme le nôtre, pas seulement pour les grands centres. C’est une différence importante avec des visions plus centrées sur le développement routier ou sur de simples rabais individuels à l’achat d’un véhicule. Pour Prévost, je veux que cette vision se traduise concrètement : un examen sérieux, en concertation avec la MRC, des liaisons d’autobus entre nos municipalités et vers Montréal, pour que la 117 cesse d’être notre seule option. J’y ajoute une conviction personnelle, ancrée dans mon rapport à ce territoire : les pistes cyclables et les sentiers qui relient nos villages ne sont pas un luxe, mais une façon d’inscrire notre identité de plein air dans une vraie politique de mobilité régionale.

Environnement, infrastructures et moyens des municipalités

En environnement, notre position se distingue par un équilibre rare : une ambition réelle, sans pénaliser les citoyens. Le Plan environnement 2026-2034 du Parti Québécois rehausse la cible de réduction des émissions à 42,5 % d’ici 2034 – bien au-delà de la cible actuelle, non contraignante – avec près d’une centaine de mesures concrètes, misant sur des rabais et des incitatifs plutôt que sur de nouvelles taxes ou des mesures punitives. C’est une approche qui, je crois, convient mieux à une région comme la nôtre, où la protection des lacs et des cours d’eau est un enjeu de fierté autant que de survie économique pour le tourisme. Sur le financement municipal, je porte avec conviction la demande du monde municipal – l’UMQ et la FQM en tête – de diversifier les revenus des Villes au-delà de la seule taxe foncière, pour que la facture de notre croissance ne repose pas uniquement sur les propriétaires de Prévost. Un territoire protégé n’est pas un frein au développement : c’est ce qui distingue durablement notre région.

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