Voyager à travers les livres

Jade Belleville
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Ugo Monticone et ses [re] Connexions humaines

Jade Belleville – « Moi, j’ai vraiment l’impression que si on voyageait plus, il y aurait moins de guerres, moins de racisme, moins d’iniquité parce qu’une fois que tu rencontres quelqu’un du Burkina Faso ou du Maroc, tu as un lien émotif avec eux, puis tu te rends compte qu’on est tous des humains dans le fond ». – Ugo Monticone

La piqûre du voyage est arrivée assez rapidement dans sa vie. Ayant un père d’origine italienne, lui et ses parents allaient souvent visiter le reste de sa famille en Italie. Malgré qu’il s’agissait de ses cousins, oncles, grands-parents, etc., il découvrait un mode de vie complètement différent du sien. C’est exactement cette différence qui lui a donné envie d’en apprendre plus sur toute la panoplie de manière de vivre qui existe dans le monde. À travers ses voyages, il s’est aussi trouvé une confiance particulière, celle de se sentir bien tout en étant loin de ses repères. Puis, les rencontres humaines qui ont façonné l’homme qu’il est aujourd’hui lui ont donné une soif profonde d’en découvrir toujours plus sur différentes cultures et différents peuples. 

Tous ses voyages l’ont marqué à leur façon, mais celui qui a davantage changé sa vie est son voyage en Inde. Celui-ci est particulièrement marquant, puisque lors de son périple, il a réalisé un film de voyage qui lui a ouvert les portes à faire des conférences avec les Grands Explorateurs. Ce film, combiné à son livre immersif, lui ont fait réaliser que voyager et partager ses expériences pouvaient réellement être une carrière. 

Pour lui, voyager est une expérience qui lui permet d’en apprendre plus sur lui-même, la nature, les cultures, mais surtout sur les autres. « J’adore les monuments, les paysages, la nature, puis tout ça, mais je me suis rendu compte quand j’ai fait le survol de mes rencontres de voyage, que mes plus beaux souvenirs, mes moments les plus intenses, c’est vraiment les gens que j’ai rencontrés. Puis souvent des gens que j’ai rencontrés dans des situations qui n’étaient pas prévues. […] C’est sûr que tous les beaux paysages […] je les ai en mémoire, mais on dirait que quand il y a un visage humain en arrière, il y a comme un lien émotif plus fort à mon souvenir ». 

Ses plus beaux voyages se sont souvent déroulés en solo. Les moments de solitudes lui permettent de se questionner sur lui-même et ce qui importe vraiment. Étant timide de nature, se retrouver seul au milieu d’un pays qu’il ne connaît pas l’a poussé à aller à la rencontre de l’autre. En rencontrant de nouvelles personnes, les possibilités d’être ce que l’on veut sont immenses. Pas besoin de rentrer dans un moule établi d’avance. 

Évidemment, vivre des expériences intenses avec de nouvelles personnes rendent le départ difficile. « Je fais beaucoup une analogie avec le départ, puis la mort. Quand tu vis quelque part et que tu rencontres du monde, quand tu pars, [c’est] comme si cette vie-là mourait. Toutes ces personnes-là, tu ne les reverras plus, tu ne revivras plus cette réalité-là […] c’est sûr que c’est vraiment un deuil ». Le choc du retour est également très difficile lorsqu’il revient à la maison. De vivre et de voir des réalités complètement différentes de la nôtre nous permettent de mettre les choses en perspective. C’est autant un choc culturel de partir que de revenir. 

Son conseil pour ceux qui sont réticents de partir en solo : « Le plus dur, c’est le premier pas, mais une fois là-bas, les choses vont se placer. Des fois ça ne se passe pas comme tu veux, mais ce n’est pas grave. Tu vas avoir des moments difficiles, mais tu vas avoir des moments incroyables. […] Tu ne seras jamais tout seul. […] tu vas rencontrer des voyageurs de partout dans le monde et vivre des expériences extraordinaires ». 

À 50 ans, il a visité 50 pays. Son objectif est d’encore en visiter au moins un par année. Avec la venue imminente de son premier enfant, il pense déjà aux expériences qu’il veut partager avec elle et aux valeurs de voyager qu’elle pourra acquérir. 

Voyager à travers les livres

Alors qu’il terminait ses études universitaires et craignait la routine du marché de l’emploi, il est parti cinq mois dans l’Ouest canadien. Il s’est imposé la discipline d’écrire chaque nuit dans un journal intime afin de pouvoir s’y replonger plus tard. À la fin de son voyage, une amie l’a vu écrire et lui a prêté des livres de récits de voyage. En lisant ces auteurs, il a réalisé que le récit des autres pouvait être captivant et lui a donné l’impression de voyager avec eux. Pensant que sa famille et ses amis pourraient être intéressés par son périple, il a décidé de retranscrire son journal à l’ordinateur. C’est à ce moment qu’il a compris qu’il pouvait écrire pour les autres et non plus seulement pour lui-même, transformant son journal de bord en son premier récit de voyage sur l’Ouest canadien. C’est ce qui l’a mené à travers les années à écrire sur ses expéditions, jusqu’à publié son plus récent livre [re] Connexions humaines

À la rencontre des gens

[re] Connexions humaines est un recueille à mi-chemin entre un carnet de voyage et une œuvre d’art. À travers l’humour et les émotions, Ugo décrit ses vingt rencontres les plus marquantes. De l’Ouest canadien, à la Chine, jusqu’au Pérou, il nous fait voyager avec lui et nous fait rencontrer à notre tour ces gens colorés et uniques qui ont façonné une petite partie de lui. Cette œuvre nous permet d’en apprendre plus sur Ugo, mais aussi sur la nature humaine en général et ce qui importe vraiment. C’est souvent dans les moments inattendus qu’Ugo fait ses plus belles et percutantes rencontres. « Je pense que ce qui me marque le plus en voyage, mes plus beaux souvenirs, ce sont les rencontres que j’y ai faites, les humains. Parce que les monuments les plus célèbres, les paysages les plus magnifiques, les places les plus réputées, ce ne sont que des cartes postales vides, simples clichés, s’ils ne sont pas accompagnés par une rencontre significative. Alors ce ne sont pas tant les lieux qui me marquent, mais plutôt les gens que j’y rencontre » (p.133). Ugo nous fait aussi comprendre que ce sont les petits moments de la vie qui sont les plus importants, et que, par leurs petits gestes, les gens nous marquent et nous éduquent chacun à leur manière sans vraiment s’en rendre compte. Accompagné de magnifiques illustrations de Simon Dupuis, on peut pleinement plonger dans l’univers d’Ugo Monticone. Chaque livre est accompagné de lunettes 3D. Celles-ci, étant polarisées, peuvent séparer les couleurs et donner une impression de profondeur nous permettant de nous émerger complètement dans chaque histoire et nous faisant vivre une expérience hors de l’ordinaire. 

Expositions

L’exposition immersive en 3D sur son livre est présentée à Prévost à partir de maintenant, jusqu’en 2028. En 2026, vous pouvez retrouver les panneaux à la gare de Prévost ainsi qu’au Centre récréatif du Lac Écho. En 2027, ils seront à la gare de Prévost et au Parc des Clos et en 2028, au Centre récréatif du Lac Écho et au parc des Clos. Pour vous immerger complètement dans la rencontre des humains colorés qui ont marqué Ugo, des lunettes 3D sont disponibles à la gare, au Service des loisirs et à la bibliothèque. Un dépôt de 1 $ est demandé et remboursé lors du retour des lunettes. Le livre est également en vente à la gare de Prévost et 40 % de chaque achat va directement au P’tit train du Nord pour financer leur patrouille, donner les formations de premiers soins et fournir les maillots et équipements de sécurité pour les patrouilleurs bénévoles. C’est donc une excellente manière de supporter les patrouilleurs, tout en acquérant une lecture renversante !

Exposition [re] Connexions humaines au Centre récréatif du Lac Écho
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