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Rassemble Saint-Adolphe-d’Howard
Jade Belleville – Le 1er et 2 août dernier avait lieu la Fête du livre à Saint-Adolphe-d’Howard. Ateliers, tables rondes, expositions d’arts, dédicaces et discussion avec des auteurs ont permis au public d’en apprendre davantage sur leurs auteurs préférés et d’en découvrir de nouveaux.
Une deuxième édition réussie
Cet été était présenté la deuxième édition de la Fête du livre à Saint-Adolphe. Après une première édition plus que réussie, les organisateurs ont décidé de ramener l’évènement encore cette année. On peut dire que c’était de nouveau un succès. L’évènement a attiré plus de 500 visiteurs, ainsi que plus de 25 auteurs, illustrateurs, éditeurs et créateurs. Tout au long du week-end, des auteurs étaient présents pour signer des dédicaces à l’Atelier culturel et de nombreuses rencontres et tables rondes avaient lieu à la bibliothèque Monica-C.-Gratton. Toutes les activités étaient gratuites, ce qui a attiré en grand nombre familles et visiteurs.

Pendant tout le week-end, une exposition sur le livre La Classe de Madame Tzatziki était présentée à l’Atelier culturel. Cette œuvre est la suite du roman graphique Le voleur de sandwichs d’André Marois. Le livre met en scène les mêmes personnages et le même univers, mais est illustré par quatre illustrateurs, qui apportent chacun leur propre style et donnent donc une nouvelle vie aux illustrations. L’exposition présentait les croquis des artistes, nous donnant l’impression de faire partie de leur processus créatif.
Paul dans les Laurentides : Rencontre avec Michel Rabagliati

Michel Rabagliati, écrivain, illustrateur et bédéiste, surtout connu pour sa série Paul, a fait la route jusqu’à la bibliothèque de Saint-Adolphe-d’Howard, pour venir discuter avec Alexandre Fontaine Rousseau de son processus créatif, de son parcours professionnel et de son nouveau livre intitulé Y a d’la joie. À travers cette discussion, M. Rabagliati nous a fait part de sa décision de changer un peu de style pour son dernier livre, en passant de la BD à une forme plutôt hybride qui intègre des textes plus longs et complets, avec des illustrations narratives et des séquences de BD traditionnelles. Il raconte avec humour que ce sont les douleurs physiques de la vieillesse qui l’ont poussé à réduire ses illustrations, affirmant que « le dessin me fait souffrir ». Pour lui, cette nouvelle forme plus hybride lui permet de jongler entre des dialogues approfondis, des illustrations qui permettent une sorte de respiration visuelle et des bandes dessinées qui lui permettent de rythmer l’humour et les gags de ses personnages. Fait impressionnant : il s’occupe lui-même de dessiner toutes les illustrations et de faire toute la mise en page du livre.
Son nouveau livre Y a d’la joie explore la « dépression contemporaine », tout en cherchant une note d’espoir. Le livre débute par huit pages de « mauvaises nouvelles » basées sur de vraies coupures de journaux retravaillées en dessin. Mais l’auteur cherche tout de même un équilibre entre le cynisme face au monde et la célébration des petits bonheurs. Malgré qu’il affirme avoir un penchant pour la mélancolie, il s’assure que ses livres se terminent toujours sur une note positive.
Les œuvres de Michel Rabagliati sont toujours très ancrées dans le réalisme. Il en fait un devoir de représenter la réalité du mieux qu’il peut, en allant même jusqu’à refuser d’inventer des pensées ou des paroles aux personnages qui représentent ses proches. Il affirme que ce réalisme est aussi très important pour ses lecteurs, qui scrutent avec précision les détails historiques et techniques, tels que les modèles de voiture, le nom des routes empruntées, etc.
L’adaptation cinématographique de Paul à Québec a été un franc succès. En étant questionné sur la possibilité de voir d’autres de ses œuvres au cinéma, il confirme que Paul a un travail d’été sera bientôt adapté en film, mais que ce processus est bien différent que celui d’écrire un livre. Dans les livres, les écrivains sont maîtres de tout : le décor, les personnages, les costumes, etc. C’est donc un processus très libérateur. En revanche, au cinéma, de nombreuses contraintes de temps, d’argent, de droits d’auteur sur la musique, de compromis, etc., peuvent modifier radicalement l’essence même de l’œuvre. C’est pourquoi il se concentre davantage sur l’écriture.
On se dit à la prochaine !À la suite du succès des deux premières éditions, la Fête du livre de Saint-Adolphe reviendra en 2027 pour sa troisième édition. La liste des auteurs invités, ainsi que les détails des activités seront dévoilées quelque temps avant la tenue de l’évènement. D’ici là, l’équipe organisatrice tient à remercier du fond du cœur le public, les bénévoles et les partenaires qui ont contribué à faire de cette édition un franc succès. Rendez-vous l’été prochain pour un nouveau voyage dans le monde des livres !
